En bref: En 2026, la Belgique impose les particuliers de trois façons. D'abord, un précompte mobilier de 30% sur dividendes et intérêts (taux réduit de 15% sur les intérêts d'épargne réglementée au-delà de la tranche exonérée de 1 050 €). Ensuite, une toute nouvelle taxe de 10% sur les plus-values d'actifs financiers — actions, obligations, fonds, ETF, crypto, etc. — depuis le 1er janvier 2026, avec les premiers 10 000 € de plus-values nettes par personne exonérés chaque année et un step-up qui n'impose que les gains postérieurs au 31 décembre 2025. Le taux forfaitaire de 10% s'applique aux portefeuilles ordinaires ; les participations importantes (détentions de 20% et plus) suivent un barème progressif distinct qui plafonne à 10%, tandis qu'un taux forfaitaire distinct de 16,5% s'applique à la cession d'une telle participation à une entité hors EEE. Enfin, la TOB sur chaque transaction. Les fonds détenant plus de 10% d'obligations subissent aussi la taxe Reynders de 30%. Les règles peuvent changer : vérifiez avant de déclarer.
Plus-values et fiscalité des placements en Belgique (2026)
La Belgique a longtemps imposé les revenus de placement par des précomptes plutôt que par une taxe sur les plus-values. Cela a changé le 1er janvier 2026, avec l'entrée en vigueur d'une toute nouvelle taxe générale de 10% sur les plus-values réalisées. Cette leçon vous en donne une vue d'ensemble — dividendes, intérêts, ETF et fonds, et les nouvelles règles — en langage clair. C'est de l'éducation financière générale, pas un conseil fiscal, et les règles peuvent évoluer.
Connaissez vos trois taxes : le précompte de 30% sur dividendes et intérêts, la nouvelle taxe de 10% sur les plus-values depuis 2026, et la taxe sur les opérations de bourse (TOB) à chaque achat et vente.
Utilisez vos exonérations annuelles : 10 000 € de plus-values nettes par personne et 833 € de dividendes par personne sont exonérés chaque année.
Pour les ETF, vérifiez le type de fonds — capitalisant ou distribuant, actions ou obligations — car cela détermine la taxe Reynders et le taux de TOB.
Conservez la valeur de votre portefeuille au 31 décembre 2025 ; seules les plus-values postérieures à cette date sont imposées.
Ce qui compte
Le précompte mobilier sur dividendes et intérêts. Le taux phare belge sur les revenus de placement est de 30% — le précompte mobilier. Pour les dividendes et intérêts de source belge, votre banque le retient généralement à la source et l'affaire est close ("libératoire") : vous ne devez pas les redéclarer. Les revenus étrangers perçus sans intermédiaire belge doivent figurer dans votre déclaration annuelle, où ils sont imposés au même taux fixe de 30%, et non aux taux progressifs.
Deux exceptions adoucissent ce régime. Les comptes d'épargne réglementés exonèrent les premiers 1 050 € par personne (2 100 € par couple), et imposent l'excédent à un taux réduit de 15%. Les comptes ordinaires ou à terme n'y ont pas droit : leurs intérêts sont taxés à 30%. Par ailleurs, l'exonération de dividendes permet à chacun de récupérer le précompte de 30% sur une tranche plafonnée de dividendes via la déclaration : pour l'année de revenus 2025 (exercice d'imposition 2026), cette tranche est de 833 €, soit un remboursement maximal de 249,90 €. Le montant est indexé chaque année (et le même montant de 833 € est actuellement publié pour l'année de revenus 2026), vérifiez donc le chiffre de l'année concernée. C'est par personne, donc un couple peut en bénéficier deux fois.
La nouvelle taxe de 10% sur les plus-values. C'est le grand changement de 2026. Depuis le 1er janvier 2026, une taxe forfaitaire de 10% frappe les plus-values réalisées sur les actifs financiers en portefeuille privé — actions cotées et non cotées, obligations, fonds, ETF, dérivés, crypto, devises, or d'investissement et certains contrats d'assurance-vie. Les premiers 10 000 € de plus-values nettes par personne et par an sont exonérés (montant indexé), et l'exonération inutilisée est partiellement reportable — jusqu'à 1 000 € par an sur cinq ans. Surtout, un step-up s'applique : votre base est ramenée à la valeur de marché au 31 décembre 2025, donc tout ce que vous avez gagné jusqu'à cette date reste exonéré. Aucune durée de détention minimale n'est requise. Les moins-values compensent les plus-values de la même année et catégorie, mais ne sont pas reportables. Un régime distinct vise les participations importantes (détentions de 20% et plus) : le premier 1 000 000 € de plus-value sur une période glissante de cinq ans est exonéré, puis un barème progressif de 1,25%, 2,5%, 5% et 10% s'applique — plafonnant à 10%. Un taux forfaitaire distinct de 16,5% s'applique en revanche lorsqu'une telle participation est cédée à une entité hors EEE.
ETF et fonds. C'est là que le détail compte le plus, comme expliqué ci-dessous.
ExempleSupposons un investisseur seul qui vend des parts d'ETF en 2026 avec une plus-value de 25 000 € — mais mesurée à partir de la valeur du 31 décembre 2025, la plus-value imposable n'est que de 14 000 €. Appliquez l'exonération annuelle de 10 000 € : 14 000 € - 10 000 € = 4 000 € imposables. Au taux fixe de 10%, la taxe sur les plus-values est de 400 €. Par ailleurs, sur un dividende de 833 € ayant subi 30% de précompte (249,90 €), vous récupérez ce montant via l'exonération de 833 €, jusqu'à 249,90 €. Et chaque achat et vente a payé la TOB, par ex. 0,12% sur un ETF capitalisant EEE non enregistré en Belgique.
Comme seules les plus-values constituées après le 31 décembre 2025 sont taxées, votre valorisation de clôture 2025 devient votre nouvelle base de coût — gardez ces relevés. Un calculateur d'intérêts composés aide à voir comment l'exonération annuelle de 10 000 € protège longtemps un portefeuille à croissance lente.
En détail
ETF capitalisants ou distribuants
Le choix capitalisant ou distribuant est l'optimisation belge classique. Un ETF distribuant verse des dividendes, qui subissent le précompte de 30% à chaque versement. Un ETF capitalisant réinvestit ces dividendes en interne : l'investisseur ne reçoit jamais de distribution imposable, contournant la taxe de 30% sur les revenus réinvestis. Surtout, la Belgique n'a pas de Vorabpauschale à l'allemande : la capitalisation n'est pas en soi un fait imposable annuel pour le dividende d'actions. Voilà pourquoi les investisseurs belges privilégient depuis longtemps les ETF actions capitalisants. Depuis 2026, la nouvelle taxe de 10% saisit toutefois la plus-value de tout ETF — capitalisant ou distribuant — à la vente ou au rachat des parts, au-delà de l'exonération annuelle de 10 000 €.
La taxe Reynders et les fonds obligataires
Antérieure au nouveau régime, la taxe Reynders prélève 30% sur la part de la plus-value d'un fonds attribuable à ses avoirs à revenu fixe (obligations/créances). Elle vise les fonds investis à plus de 10% en instruments de dette (le seuil était historiquement de 25%, désormais 10%), et touche les fonds mixtes ou obligataires capitalisants comme la plupart des distribuants. Les ETF actions purs détenant 0% d'obligations n'y sont pas soumis. Depuis 2026, un fonds obligataire capitalisant subit un partage : le gain lié aux obligations est taxé à 30% (Reynders), tandis que le gain actions ou autre relève du nouveau régime de 10%. Vérifier l'exposition obligataire d'un fonds avant d'acheter est donc essentiel pour comprendre votre future facture fiscale.
TOB, enveloppes et précompte étranger
La taxe sur les opérations de bourse (TOB) frappe achats et ventes : 0,12% pour les fonds capitalisants EEE non enregistrés en Belgique (ex. IWDA), un lourd 1,32% pour les fonds capitalisants enregistrés en Belgique, et 0,35% pour les actions individuelles, les fonds hors EEE et les fonds EEE distribuants — chacune plafonnée par transaction. C'est un coût de transaction, pas un impôt sur le revenu, mais il entame nettement les rendements nets. Sur les dividendes étrangers, la Belgique n'accorde généralement aucun crédit individuel pour le précompte étranger face à la taxe de 30%, d'où une double imposition économique ; le soulagement vient des taux réduits conventionnels, avec un développement de 2025 admettant un crédit sur certains dividendes français. L'épargne-pension (pensioensparen) et les pensions des deuxième et troisième piliers restent hors de la nouvelle taxe ; les gains des assurances-vie Branche 21/23 y entrent désormais. Il existe aussi une taxe annuelle de 0,15% sur les comptes-titres d'une valeur moyenne supérieure à 1 000 000 €.
Liste de contrôle
Avez-vous noté la valeur de marché de votre portefeuille au 31 décembre 2025 comme nouvelle base de coût ?
Avez-vous utilisé cette année vos exonérations de 10 000 € (plus-values) et 833 € (dividendes) ?
Connaissez-vous le taux de TOB de votre ETF (0,12%, 0,35% ou 1,32%) avant d'acheter ?
Votre fonds détient-il plus de 10% d'obligations, déclenchant la taxe Reynders de 30% ?
Idées reçues courantes
Idée reçue: La Belgique n'a pas de taxe sur les plus-values, mes gains d'ETF sont donc toujours exonérés.
Réalité: C'était largement vrai avant 2026. Depuis le 1er janvier 2026, une taxe forfaitaire de 10% frappe les plus-values réalisées au-delà de l'exonération annuelle de 10 000 € — même si les gains antérieurs au 31 décembre 2025 restent exonérés grâce au step-up.
Idée reçue: Les participations importantes sont taxées jusqu'à 16,5%.
Réalité: Pas exactement. Pour les détentions de 20% et plus, le barème progressif plafonne à 10% (après une exonération de 1 000 000 €). Le taux de 16,5% est un taux forfaitaire distinct qui ne s'applique que lorsqu'une telle participation est cédée à une entité hors EEE.
Y a-t-il vraiment une taxe sur les plus-values en Belgique maintenant ?
Oui. Une taxe forfaitaire de 10% sur les plus-values réalisées d'actifs financiers est entrée en vigueur le 1er janvier 2026 (loi adoptée par le Parlement en avril 2026). Les premiers 10 000 € de plus-values nettes par personne et par an sont exonérés, et seuls les gains postérieurs au 31 décembre 2025 sont imposables.
Les ETF capitalisants restent-ils avantageux fiscalement ?
Pour les ETF actions, les versions capitalisantes évitent toujours le précompte de 30% sur les dividendes réinvestis, et la Belgique n'a pas de taxe annuelle forfaitaire à l'allemande sur la capitalisation. Mais depuis 2026, la taxe de 10% sur les plus-values s'applique à la vente, au-delà de l'exonération de 10 000 €.
Suis-je imposé deux fois sur les dividendes étrangers ?
Économiquement, souvent oui. La Belgique n'accorde généralement pas aux particuliers de crédit pour le précompte étranger face à la taxe belge de 30% ; le soulagement vient surtout des taux réduits prévus par les conventions. Un développement de 2025 admet un crédit sur certains dividendes de source française.
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